vendredi 20 septembre 2013

Marketing pour traducteurs/interprètes

CV de Jean-Marie Le Ray Translation 2.0 Search Engine @ Translation 2.0 di Jean-Marie Le Ray S.a.s. Translation 2.0 di Jean-Marie Le Ray S.a.s. in Italiano Translation 2.0 di Jean-Marie Le Ray S.a.s. en français Translation 2.0 di Jean-Marie Le Ray S.a.s. in English Marketing & Branding for Translators RSS Feed for Translation 2.0 Blog Translation 2.0 on Twitter Translation 2.0 on Facebook Jean-Marie Le Ray on LinkedIn Some Clouds on Wordle Some presentations on SlideShare Some video-sharing on YouTube


Dans le cadre de formations au marketing pour traducteurs et interprètes (la prochaine est prévue dans un mois), j'ai été amené à élaborer une définition de ce qu'est, selon moi, le marketing pour traducteurs et interprètes :
Transformation organisationnelle et sociale, en ligne et hors ligne, pour répondre aux besoins / désirs / demandes et créer de la valeur dans un marché concurrentiel, autant dans l'intérêt du traducteur / interprète que du client.
Ayant voulu en parler avec des gens du métier, j'ai été très surpris, d'abord par leur peu de réactivité, et ensuite de voir que la notion de transformation, selon eux, n'avait pas grand chose à voir avec le marketing, alors que, dans mon idée, elle est tout à fait centrale et inéluctable !

Dans une ancienne édition du Mercator que je possède (Dalloz, 1990), dès le début de l'ouvrage MM. Denis Lindon et Jacques Lendrevie définissent ainsi l'attitude marketing : « connaître le public pour mieux s'y adapter et pour l'influencer (ou agir sur lui plus efficacement). »

En nous proposant la définition généralisée suivante (p. 9) :
Le marketing est l’ensemble des méthodes et des moyens dont dispose une organisation pour promouvoir, dans les publics auxquels elle s’intéresse, des comportements favorables à la réalisation de ses propres objectifs.
En 2013, la définition a évolué de la façon suivante :
Le marketing est l’effort d’adaptation des organisations à des marchés concurrentiels, pour influencer en leur faveur le comportement des publics dont elles dépendent, par une offre dont la valeur perçue est durablement supérieure à celle des concurrents. Dans le secteur marchand, le rôle du marketing est de créer de la valeur économique pour l’entreprise en créant de la valeur perçue par les clients.
Or une simple recherche sur le Web nous permettrait de trouver des centaines de définitions du marketing, toutes valables mais toutes différentes, en voir un exemple ici, dont l'auteur nous rappelle les 8 invariants susceptibles de « former le socle permanent de toute réflexion sur le marketing » :
  1. Le marketing suppose une réflexion et des études avant l’action
  2. Le marketing a un objectif clair : l’influence.
  3. L’adaptation en continu est indispensable à la validation du projet de marketing, voire à son évolution.
  4. Le marketing se déroule dans un contexte de marché, donc de concurrence. 
  5. Le marketing est fondé sur la notion de “perception de la valeur de l’offre”. 
  6. Le marketing redonne une place prépondérante à la cible. 
  7. Le marketing contient une notion de pérennité. 
  8. Le marketing demande une mobilisation collective. 
Hormis le dernier (et encore...), tous ces points sont parfaitement adaptables aux traducteurs/interprètes qui souhaitent se faire connaître, tel que j'ai essayé de le schématiser dans ce travail de synthèse :


En clair, les 2 pôles de connaissance sont : moi, et les autres (puisque le marché au sens large comprend également tous les acteurs impliqués, dont les collègues).
  • Moi : me connaître moi-même, analyse SWOT, bilan de compétences
  • Autres : connaître le marché, analyse SWOT du marché en général, et de MON MARCHÉ en particulier (ce qui suppose de l'avoir identifié...)
À ces deux pôles correspondent 2 niveaux d'action : sur moi, et sur les autres.
  • À mon niveau : personal / professional branding
  • Au niveau du marché : marketing
En clair encore, la connaissance supporte l'action, ce qui implique une sérieuse réflexion de base, de la cohérence (entre capacités et ambitions personnelles et professionnelles, par exemple), et de la méthode (plan de travail, définition des tâches, des objectifs, des ressources, etc. etc.).
* * *

Donc vous voyez, on s'y retrouve, et c'est par ce cheminement que j'en suis arrivé à la définition suivante :
Transformation organisationnelle et sociale, en ligne et hors ligne, pour répondre aux besoins / désirs / demandes et créer de la valeur dans un marché concurrentiel, autant dans l'intérêt du traducteur / interprète que du client.
Que je décomposerais brièvement de la façon suivante :
  • Transformation
  • Transformation organisationnelle
  • Transformation sociale
  • En ligne + hors ligne
  • Répondre aux besoins / désirs / demandes
  • Créer de la valeur
  • Un marché concurrentiel
  • Dans l'intérêt du traducteur / interprète
  • Dans l'intérêt du client
- Transformation du mode de pensée : pour s'adapter en permanence aux évolutions/régressions de notre métier, le marketing peut être utile si d'emblée on l'intègre à 360° dans le rapport que nous avons au marché. Dans un fil de discussion sur Proz il était question de "pouvoir contractuel", de "positionnement", de "stratégie commerciale" : autant de sujets sur lesquels le marketing peut apporter beaucoup de réponses intéressantes pour peu qu'un traducteur ait la volonté de s'y intéresser en amont, ou mieux encore dès le début de sa carrière.

- Transformation du mode de travail : intégrer le marketing dans notre façon de travailler a de fortes implications en termes d'organisation.

- Transformation du mode de réseauter (en ligne et hors ligne) : je suis convaincu que le traducteur est un animal social, et apprendre à apprivoiser les réseaux sociaux sur Internet (mais pas seulement) peut s'avérer extrêmement bénéfique à tous points de vue.

- En ligne et hors ligne : seule une intégration de ces deux aspects peut consentir 100% de réussite à votre approche marketing. Il manquera toujours des éléments fondamentaux aux partisans du tout l'un ou tout l'autre, la réponse est dans la complémentarité, indépendamment du dosage des différents ingrédients propres à chacun/e.

- Répondre aux besoins / désirs / demandes : bien que ces termes puissent paraître synonymes d'emblée, il y a des nuances fondamentales : si mon Besoin est d'aller de A à B, mon Désir peut être de m'y rendre en métro ou en Ferrari, la Demande correspondant à ce que je peux m'offrir... Or vu qu'il est extrêmement rare que toutes les conditions idéales soient réunies dans le cadre d'un même projet, le plus souvent tout cela se traduit (c'est le cas de dire...) par un compromis, l'important étant que les parties en présence ne prétendent pas du prestataire qu'il réalise la quadrature du triangle, sinon c'est mission impossible...

- Créer de la valeur : selon la façon dont est négocié le point précédent, si le rapport de forces est déséquilibré cela peut déboucher sur un contrat de prestation de type gagnant-perdant, mais plus volontiers perdant-perdant ; ou gagnant-gagnant s'il est équilibré, et chacun/e y trouvera son compte ! En outre gagner ne fait pas UNIQUEMENT référence à l'argent, loin s'en faut, de nombreux autres critères rentrent en jeu. Selon Denise Russell, créatrice d'une agence de traduction :
En tant que chef d'entreprise, je suis satisfaite lorsque je crée de la valeur pour mes clients et que, ce faisant, j’en retire un profit. C'est un cas de figure où tout le monde sort gagnant. Telle est, me semble-t-il, la bonne attitude à tenir envers ses clients et soi-même dans ses activités : le profit généré par l’entreprise n’est que le miroir des bénéfices obtenus par le donneur d’ordre. Un cercle vertueux de la valeur, en quelque sorte.
- Un marché concurrentiel : si grâce à Internet le travail des traducteurs est grandement simplifié d'un côté, il est énormément complexifié de l'autre, et l'ouverture d'une concurrence à l'échelle planétaire ne facilite pas les choses, au contraire ! Voir mon adaptation du modèle des 5 forces de Porter et mon analyse dans le billet intitulé : « Identifier MON propre marché de la traduction pour me positionner par rapport à la concurrence ».


- Dans l'intérêt du traducteur / interprète : « Charité bien ordonnée commence par soi-même », et satisfaire le client ne doit jamais se faire aux dépens de mes propres exigences...

- Dans l'intérêt du client : le point précédent étant acquis, nous retombons sur l'un des invariants vus plus haut : le marketing redonne une place prépondérante à la cible, en cohérence avec le modèle bipolaire illustré dans la première diapositive : moi d'un côté, le marché de l'autre, avec au milieu une promesse de création de valeur ... tenue !

Sans jamais oublier que :

1 traducteur / interprète = 1 marché = 1 recherche (1 marketing)





jeudi 2 mai 2013

La base de données terminologiques de Translation 2.0

Blog de Translation 2.0 Translation 2.0 Search Engine Marketing & Branding for Translators Translation 2.0 di Jean-Marie Le Ray S.a.s. in English Translation 2.0 di Jean-Marie Le Ray S.a.s. in Italiano Translation 2.0 di Jean-Marie Le Ray S.a.s. en français @ Translation 2.0 di Jean-Marie Le Ray S.a.s. RSS Feed for Translation 2.0 Blog Translation 2.0 on Twitter Translation 2.0 on Facebook Jean-Marie Le Ray on LinkedIn Some Clouds on Wordle Some presentations on SlideShare Some video-sharing on YouTube

Juste trois chiffres pour vous donner une idée de ce que représente la base de données terminologiques de Translation 2.0 : 
6,3 To de données texte, plus de 2,7 milliards de termes indexés,
disséminés sur plus de 79 millions de fichiers !

* * *

MàJ du 18 septembre 2013, un an après le transfert sur le NAS des fichiers de mes 17 disques durs (commencé le 08/09/2012), la base de données est sur le point d'atteindre 100 millions de documents et 3 milliards de termes indexés, soit plus de 7 To de données texte…

* * *

Une évolution considérable depuis l'époque (en 2005) où j'annonçais sur mon site :
Depuis 1989, nous avons traduit plus de 10 millions de mots à l'aide d'une BANQUE DE DONNÉES TERMINOLOGIQUE TRILINGUE UNIQUE en son genre :
  • Sur support papier
    • 5 Encyclopédies
      • Anglais
        - Encyclopædia Britannica
        - Encyclopædia Americana
        Français
        - La grande Encyclopédie
        - L’Encyclopédie Universalis
        Italien
        - Enciclopedia Treccani
    • 500 dictionnaires techniques
    • 10 000 livres et revues techniques dans (presque) tous les domaines

  • Sur support informatique
    • des milliers de glossaires, lexiques, dictionnaires et autres 7 millions de fichiers indexés pour couvrir toute sorte de documentation technique : tout sur tout !  
    • 100 millions d'occurrences réparties sur une trentaine d'index pour retrouver en un clin d'œil le moindre terme dissimulé dans presque 1 Téraoctet de texte, grâce à dtSearch® : un moteur de recherche local extrêmement performant qui permet de récupérer aisément n'importe quelle info où qu'elle se trouve, et de mettre instantanément en évidence des résultats précis.
* * *

Le travail du traducteur consiste également à chercher, plusieurs fois par jour, tous les jours, de la terminologie et du contexte pertinent pour la traduction en cours. Internet est naturellement un gisement inépuisable de ressources en tous genres, une aide inégalée - et inégalable - dans son travail quotidien.

Laissez-moi vous raconter une anecdote à ce propos. Je me suis connecté à Internet pour la première fois en 1995, plus émerveillé qu'un enfant face à ce nouveau "jouet" que j'imaginais déjà plein de promesses, toutes tenues et même dépassées...

J'ai donc saisi dans le champ d'un moteur de recherche (allez savoir lequel, Google n'existait pas encore, peut-être Yahoo! mais je n'ai aucune certitude) le terme « glossary ». Retour en une fraction de seconde : plus de 300 000 résultats !!!

Je me suis immédiatement déconnecté. J'avais besoin de réfléchir. Mais il était bien clair qu'Internet traçait une évidente ligne de démarcation : être traducteur professionnel AVANT et APRÈS Internet n'aurait plus jamais été le même métier.

Donc, depuis 1995, voici 18 ans que j'effectue pratiquement tous les jours des recherches terminologiques ou de contexte sur le Web et que je sauvegarde systématiquement en local le fruit de mes interrogations. Pour un motif évident : sur le réseau les ressources vont et viennent, et il n'est pas dit que ce qui est disponible aujourd'hui le soit encore demain. Loin de là.

En parallèle, les ressources documentaires dont je disposais déjà sur ordinateur avant Internet se sont ajoutées à celles post-Internet, et je suis arrivé en septembre 2012 avec 17 disques durs, répartis sur 6 ordinateurs (dont 2 portables) rassemblant presque 7 To de données, et un problème énorme : face à cette avalanche de données dispersées, je n'étais plus capable de retrouver quoi que ce soit même en sachant que la ressource nécessaire était cachée quelque part sur un de mes disques.

Il était temps de changer de stratégie. Le 8 septembre j'ai commencé à répertorier systématiquement le contenu des disques, avant d'investir dans l'achat d'un NAS :
Un serveur de stockage en réseau, également appelé stockage en réseau NAS, ou plus simplement NAS (de l'anglais Network Attached Storage), ou encore boîtier de stockage en réseau, est un serveur de fichiers autonome, relié à un réseau dont la principale fonction est le stockage de données en un volume centralisé pour des clients réseau hétérogènes.
En fait c'est comme une extension de votre ordi, mais qui a le mérite unique de tout centraliser en un seul disque, transparent. La technologie que j'ai choisie est le Iomega® px6-300d Pro, qui me donne un espace disponible de presque 11 Téraoctets en RAID 6. Autrement dit, mes données restent sauvegardées même si 2 des 6 disques de 3 To chacun cassent en même temps !

Depuis le 8 sept. 2012 jusqu'à hier, 1er mai 2013, jour ou j'ai terminé d’indexer le NAS, il m'aura donc fallu 235 jours pour répertorier, copier et indexer 6,3 To de données texte provenant des 17 disques durs, et créer 12 index qui reprennent 28 répertoires indexables : 2 633 815 442 termes indexés, 74 179 045 fichiers et 79 071 documents non indexés (soit moins de 0,1% de la base) parce qu'ils sont cryptographiés, non accessibles ou non lisibles pour une raison quelconque.

[MàJ - 5 mai 2013 : ajoutés ce jour 102 663 851 termes et 4 913 613 fichiers]

* * *

En d'autres termes, 25 ans de travail réunis sur un même disque, interrogeable grâce à dtSearch, la Rolls-Royce des solutions d'indexation : un monstre de puissance, de vitesse et d'efficacité. Je vous le conseille vivement.

Une incroyable émotion ! La prochaine étape sera bien évidemment de mettre tout ça sur le cloud en parallèle à mon moteur de recherche, ce serait déjà possible mais il me faudra d'abord comprendre comment transférer rapidement ces 6,3 To de données sur un serveur distant. À suivre...


P.S. Et pour finir, j'ai interrogé la base en sélectionnant tous les index, sur le terme « glossary » (voir plus haut) : 90 436 occurrences ! Autant dire que j'ai désormais mon petit Internet perso à bout de clic…


mercredi 13 février 2013

THE LANGUAGE SERVICES MARKET: WHAT’S IN A NUMBER?

Blog de Translation 2.0 Translation 2.0 Search Engine Marketing & Branding for Translators Translation 2.0 di Jean-Marie Le Ray S.a.s. in English Translation 2.0 di Jean-Marie Le Ray S.a.s. in Italiano Translation 2.0 di Jean-Marie Le Ray S.a.s. en français @ Translation 2.0 di Jean-Marie Le Ray S.a.s. RSS Feed for Translation 2.0 Blog Translation 2.0 on Twitter Translation 2.0 on Facebook Jean-Marie Le Ray on LinkedIn Some Clouds on Wordle Some presentations on SlideShare Some video-sharing on YouTube


* * *

Original post in French, translated by Theresa Shepherd, whom I would like to thank warmly for her excellent work.

* * *

The concept of a “language services market” is extremely vague and elusive. It has yet to be clearly defined—it may even be indefinable.
So how can we accurately calculate the value of this market? The publication of the first China Translation Industry Annual Report in December 2012 has contradicted most of our accepted truths, making us question the reliability of the studies we usually depend on. Are the values underestimated or overestimated? Who’s doing which? And is there some happy medium at the heart of it all?
Let’s take a quick look at several markets, according to the most recent surveys:
  • The Global Language Services Market
  • The Chinese Language Services Market
  • The European Language Services Market
* * *
  • The Global Language Services Market
For many, many years, it was virtually impossible to gain a clear idea of what the global translation market might be worth.

Until the arrival of Common Sense Advisory (CSA for short), an independent research firm founded in 2001 by Donald A. DePalma and Renato S. Beninatto, that publishes an annual report on the global language services market. Every year it offers additional insights and it has essentially become the benchmark in the field.

So what does the latest report (published May 2012) say?

That in 2012 the translation market reached $33.5 billion and was expected to rise to $37.6 billion in 2013, for anticipated growth of about 12.5%.

But let’s take the 2012 overall revenue to start ($33.5 billion), which breaks down as follows:
  • Europe 49.38%
  • North America 34.85%
  • Asia 12.88%
  • Oceania 2.00%
  • Latin America 0.63%
  • Africa 0.27%
So we have Europe with the lion’s share at $16.5 billion ($7.6 billion of that for Western Europe alone), followed by North America with $11.7 billion, then Asia with $4.3 billion.

The latest estimate: in 2015 the global market is expected to be worth $47.3 billion, a rise of over 40% compared to 2012.

As I mentioned, the CSA study is the benchmark in the field. But are these figures reliable?

Let’s try to figure this out, starting by checking Asia, specifically China.

  • The Chinese Language Services Market
On December 6, 2012, the Translators Association of China (TAC) celebrated its 30th anniversary in Beijing. For the occasion it released the 2012 Report on China’s Language Services Industry, according to TAC Vice President Guo Xiaoyong the first authority industry report released by the Chinese translation industry since the People’s Republic of China was founded in 1949. It is intended to serve as a reference for the “scientific planning” of the language services industry in China.

But according to this very official report, the revenue generated by the language services industry in 2011 was $20 billion (125 billion yuan), up 26% from 2010.

In terms of jobs, this translates (no pun intended) to 1.2 million employees active in the language services industry, including 640,000 translators (53.8% of the total).

The forecasts for 2015 expect revenues to more than double, to reach $42 billion (260 billion yuan) for 2 million jobs.

These figures are wildly at odds with those published by CSA, which projects just barely $5 billion more in 2015 ($47.3 billion) for the entire global market. What’s wrong with this picture?

CSA also has 2012 revenues at just $4.3 billion for Asia. Positing that China alone accounts for about one-quarter of this (the other leading countries being Japan, Taiwan, Thailand, Singapore, Korea and India), that would give us revenue of just $1.1 billion for China according to CSA—totally incompatible with the results from TAC.

If we consider the language services industry as covering more than just translation, we can reasonably imagine that 53.8% of the employees in this industry produce 53.8% of the revenue, or easily more than $10 billion for translation alone in 2011, ten times more than what CSA estimated for 2012.

And yet CSA remains the benchmark. As an example, take this recent study published on May 15, 2012. The Government of Canada’s Translation Bureau commissioned PricewaterhouseCoopers s.r.l. to conduct a comparative analysis “for 5 linguistic service organizations in Canada and 3 international organizations” after first establishing “a benchmarking framework from which to conduct the comparative analysis.” It begins with an overview of the global language services industry (section 1.2.):
The language services industry is global in nature, with over 25,000 organizations that provide Language Service Providers (LSPs) in 152 countries. The international industry has the following characteristics:

• The market is highly fragmented, with the top 50 LSPs generating only US $4 billion of the US$31 billion market.

• The LSP market is growing at an annual rate of 7.41%, and is expected to reach US$38.96 billion in 2014. Most of the revenue generated remains associated with translation services.
Yep, these figures are taken straight from the 2011 CSA study, though the report does not cite the source for this excerpt.


Another major study gives us an idea of the differences in the research from one firm to another, and of the difficulty of clearly identifying the parameters.

This is a report by Ambient Insight published in April 2012, titled “The Worldwide Market for Digital English Language Learning Products and Services: 2011-2016 Forecast and Analysis,” which puts 2011 revenue for the entire language industry at $82.6 billion, including $58.2 billion for language learning and $24.4 billion for the GILT (Globalization, Internationalization, Localization & Translation) segment.


Or $7 billion less than CSA found for 2011.

  • The European Language Services Market
According to CSA, in Europe we have $16.5 billion in revenue in 2012, including $7.6 billion for Western Europe alone.

On the European Union side, a recent and very thorough study published in July 2012 conducted as part of a series on translation and multilingualism, titled “The Status of the Translation Profession in the European Union” (see also sources), unfortunately does not touch on the economic aspect. Instead we have to look back to the 2009 study by the Directorate-General for Translation on the size of the language industry in the EU, which evaluated the market at €8.4 billion in 2008, with an estimated annual growth rate of over 10% and forecasts of €16.5 billion in 2015.

The author noted, however, that “although this forecast is highly speculative due to fragmented information available on the industry, it should be considered conservative. Further research is required to confirm that the real value of the language industry can be expected to be well above 20 billion € by 2015.”

Entirely plausible estimates, especially if you consider that one-tenth of this figure (€2 billion) was already being generated in 2010 by the EPO with an average cost of €75.15 per translated page.

As for the CSA projection for 2015, it’s $23.4 billion in Europe, so considering the exchange rate that’s more or less the same.

But there is a figure in the 2012 study that surprises me. It is cited in Appendix B: Why there are about 333,000 professional translators and interpreters in the world.

Again, a conservative estimate, well below the 700,000 estimated by Common Sense Advisory (Beninatto et al. 2008).

And yet, how do we reconcile this 333,000-700,000 professional translators and interpreters in the world with the 640,000 translators just in China, calculated for 2011 alone in the “2012 Report on China’s Language Services Industry” published by TAC?

“"Exaggerated figure” was Renato Beninatto’s take, but if we accept it, that means that there are close to one million professional translators/interpreters globally, two-thirds of whom are in China and the remaining third everywhere else!

As always, the Chinese market is the most difficult to pin down, in the great tradition of the Middle Kingdom, but for a population that is roughly one-fifth of the planet and a country that is now becoming the top trading power in the world, this number does not seem implausible!

The bottom line: If we take $43.4 billion in revenue for the language services market in 2012 (replacing the $1.1 billion for the Chinese market according to CSA with the $10 billion extrapolated based on the TAC report), that gives us annual revenue per translator/interpreter of $43,400. That falls in the middle range of the rates we usually see!

Granted, it’s an average à la Trilussa (a famous Roman poet from the 19th century whose idea about statistics went something like this: if you have two people and one eats two chickens all by himself, that makes one chicken each on average…), but hey, statistically it’s not inaccurate!

It remains to be seen to what extent any of these studies are reliable. What do you think?


P.S. This TAC conference was really a big, major political event:
The Sixth Plenary Session of the 17th National Congress of the Communist Party of China (CPC), held in Oct. 2011, made the decision to deepen the reform of the nation's cultural system and promote a vigorous development and prosperity of socialist culture. 
(...) 
The conference is the second one of its kind in 61 years. In Dec. 1951, the General Administration of Press and Publication (GAPP) held its first session with the aim to improve the quality of translations and help translators nationwide to cope with the nation's development in an orderly manner. At the seminar, Hu Qiaomu, then vice minister of the Publicity Department of the CPC Central Committee, and Shen Zhiyuan, then director of the GAPP Compilation and Translation Bureau, delivered the keynote speeches. It was decided that two documents, i.e. "GAPP Regulations on Translated Publications Published by Public Publishing Houses (Draft)" and "Regulations on Translation Works Conducted by Compilation and Translation Departments of Government Institutions and Non-Governmental Organizations (Draft)," would be submitted to the State Council by GAPP for their assessment and approval.
Moreover:
A National Conference on Translation marking the 30th anniversary of the Translators Association of China (TAC) was held on Dec. 6 in Beijing. Co-organized by China International Publishing Group (CIPG) and TAC, the conference drew top industry insiders, journalists, academics, and leaders of relevant government agencies. 
This is the second nationwide conference on translation since the People's Republic of China was founded in 1949. Applying the propositions presented in the Report to the 18th CPC National Congress, the translation community in China hopes to utilize the conference to make translation services more effective in presenting Chinese culture on the global stage as well as improve international communication.
(...) 
The theme of this year's conference is "Taking Chinese Culture to the Global Stage and Promoting China's Translation Works." 
Guo Xiaoyong, executive vice president of CIPG and executive vice president of TAC, delivered the conference's keynote speech, entitled "Promoting China's Translation Cause and Serving the Nation's International Communication Efforts." 
(...) 
The first part of a two-volume Annual Report on China's Translation Industry was also issued to attendees.
So the fact that outside of China nobody in the language industry seems to be aware of such a meaningful event is really surprising, and I can’t explain it myself!

mardi 12 février 2013

Combien pèse vraiment le marché de la traduction dans le monde ?

Blog de Translation 2.0 Translation 2.0 Search Engine Marketing & Branding for Translators Translation 2.0 di Jean-Marie Le Ray S.a.s. in English Translation 2.0 di Jean-Marie Le Ray S.a.s. in Italiano Translation 2.0 di Jean-Marie Le Ray S.a.s. en français @ Translation 2.0 di Jean-Marie Le Ray S.a.s. RSS Feed for Translation 2.0 Blog Translation 2.0 on Twitter Translation 2.0 on Facebook Jean-Marie Le Ray on LinkedIn Some Clouds on Wordle Some presentations on SlideShare Some video-sharing on YouTube


Réélaboration du billet intitulé « Le marché mondial de la traduction et les 5 forces de Porter », centrée uniquement sur le poids économique du marché et qui met en avant la difficulté de différentes études de proposer des données convergentes. Une divergence dont les raisons ne demandent qu'à être approfondies...

La présente version est brillamment traduite en anglais par Theresa Shepherd, que je remercie vivement.

* * *

La notion de « marché de la traduction » est extrêmement vague et fuyante, mal définie, voire indéfinissable, insaisissable, même.
Par conséquent comment calculer avec précision combien pèse ce marché ? La publication d'une étude chinoise en décembre 2012 vient bouleverser toutes les idées reçues jusqu’à présent, au point de nous interroger sur la fiabilité de ces études : les valeurs sont-elles sous-estimées, sur-estimées, par qui, trouver un juste milieu est-il possible ?
Mais voyons brièvement les contours de quelques « marchés », selon les études disponibles plus récentes :
  • Le marché « mondial » de la traduction
  • Le marché « chinois » de la traduction
  • Le marché « européen » de la traduction
* * *
  • Le marché « mondial » de la traduction
Pendant de nombreuses années, il fut pratiquement impossible d’avoir une idée précise de ce que pouvait représenter un marché « mondial » de la traduction.

Jusqu’à ce qu’arrive Common Sense Advisory, CSA pour les intimes, fondée en 2001 par Donald A. DePalma et Renato S. Beninatto, une société de recherche indépendante qui publie un rapport annuel sur l’évolution du marché « mondial » de la traduction, grâce auquel on en découvre chaque année davantage et qui est probablement devenu « la » référence en la matière.

Or que dit la dernière mouture de ce rapport (version publiée en mai 2012) ?

Qu’en 2012 le marché de la traduction « pesait » 33,5 milliards de $, chiffre qui devrait passer à 37,6 en 2013, soit une progression prévue d’env. 12,5%.

Mais prenons le C.A. global 2012 pour référence (33,5 milliards de $), ainsi réparti :
  • Europe 49,38 % 
  • Amérique du Nord 34,85 % 
  • Asie 12,88 % 
  • Océanie 2,00 % 
  • Amérique Latine 0,63 % 
  • Afrique 0,27 %
Nous avons donc l’Europe avec un C.A. de 16,5 milliards de $ qui se taille la part du lion (dont 7,6 Mds $ pour la seule Europe de l’Ouest), suivie par l’Amérique du Nord avec 11,7 milliards de $, puis l’Asie avec 4,3 milliards de $.

Dernière estimation : à l’horizon 2015, le marché mondial devrait « valoir » 47,3 milliards de $, soit une hausse dépassant 40% par rapport à 2012.

Comme je vous l’ai dit, l’étude CSA est la référence en la matière, or pour autant ces chiffres sont-ils fiables ?

Essayons de nous faire une idée en commençant par vérifier avec l’Asie, et plus spécialement avec la Chine.

  • Le marché « chinois » de la traduction
Le 6 décembre 2012 la TAC (Translators Association of China) a fêté à Beijing ses trente ans d’existence, et publié pour l’occasion le "Report on 2012 China's Language Service Industry Development", qui est selon les mots de M. Guo Xiaoyong, vice-président de la TAC, « le premier rapport publié par l'industrie chinoise de la traduction depuis la fondation de la République populaire de Chine en 1949 » (the first authority industry report released by the Chinese translation industry since the People's Republic of China was founded in 1949), destiné à servir de référence pour une "planification scientifique" de l'industrie des services linguistiques en Chine.

Donc selon ce rapport très « officiel », le C.A. dégagé par l’industrie des services linguistiques en 2011 a été de 20 milliards de $ (125 milliards de Yuans), en progression de 26% par rapport à 2010.

En termes d’emplois, cela se traduit (c’est le cas de dire) par 1,2 million de salariés dans l’industrie des services linguistiques, dont 640 mille traducteurs (53,8 % du total).

Là encore les prévisions pour 2015 envisagent un C.A. plus que doublé, à presque 42 milliards de $ (260 milliards de Yuans), pour 2 millions d’emplois.

Des chiffres fortement discordants avec ceux de CSA, qui prévoit tout juste 5 milliards de $ de plus en 2015 (47,3 Mds $), mais pour l'ensemble du marché mondial, cherchez l'erreur !

De plus avec un C.A. 2012 de tout juste 4,3 milliards de $ pour l’Asie, et en posant comme hypothèse que la Chine en réalise à elle seule environ 1/4 (les autres principaux pays étant le Japon, Taïwan, la Thaïlande, Singapour, la Corée, l’Inde…), cela nous ferait pour CSA un C.A. d’à peine 1,1 milliard de $ pour la Chine, totalement incompatible avec les résultats de la TAC, quand bien même relatifs à l’année précédente !

Car si l’on considère par « industrie des services linguistiques » un champ d’application ne se limitant pas à la traduction, on peut raisonnablement envisager que 53,8% des salariés de cette industrie produisent 53,8% du C.A., soit largement plus de 10 milliards de $ pour la seule traduction en 2011, 10 fois plus que l’évaluation de CSA pour 2012.

Et pourtant, CSA reste « la » référence. Pour en donner un exemple, citons une étude récente (publiée le 15 mai 2012), commanditée par le Bureau de la traduction du gouvernement du Canada à PricewaterhouseCoopers s.r.l., pour effectuer une analyse comparative « sur cinq organisations canadiennes et trois organisations internationales qui offrent toutes des services langagiers », en dressant d’abord le « cadre sur lequel fonder l’analyse comparative », et en commençant donc par donner un panorama de l’Industrie mondiale des services langagiers (section 1.2.) :
L’industrie des services langagiers est de nature mondiale; elle comprend plus de 25 000 organisations offrant des services langagiers dans 152 pays. L’industrie internationale a les caractéristiques suivantes :

• Le marché est fortement fragmenté; les 50 plus grandes organisations offrant des services langagiers génèrent seulement 4 milliards de dollars américains dans ce marché de 31 milliards de dollars américains.

• Le marché des organisations offrant des services langagiers croît selon un taux annuel de 7,41 % et devrait atteindre les 38,96 milliards de dollars américains en 2014. La plupart des recettes continuent d’être associées aux services de traduction.
Donc ce sont bien là des chiffres repris à l’identique sur l’étude 2011 de CSA, quand bien même le rapport ne cite pas sa source pour ce passage.


Une autre étude importante donne une idée des divergences entre une recherche et l’autre, et de la difficulté de cerner le problème avec précision.

Il s’agit du rapport d’Ambient Insight, publié en avril 2012, intitulé « The Worldwide Market for Digital English Language Learning Products and Services: 2011-2016 Forecast and Analysis », qui nous donne en 2011 un chiffre d’affaires global pour l’industrie linguistique de 82,6 milliards de $, dont 58,2 pour l’apprentissage des langues et 24,4 pour l’industrie GILT : Globalisation, Internationalisation, Localisation & Traduction.


Soit 7 milliards de $ de moins que CSA pour la même année…

  • Le marché « européen » de la traduction
Selon CSA, nous avons en 2012 une Europe avec un volume de 16,5 milliards de $, dont 7,6 Mds $ pour la seule Europe de l’Ouest.

Côté Union européenne, une récente recherche - très complète - publiée en juillet 2012, menée dans le cadre des études sur la traduction et le multilinguisme, intitulée « The Status of the Translation Profession in the European Union » (voir également les documents sources), n’aborde malheureusement pas l’aspect économique ; il faut donc se reporter à l’étude précédente de la direction générale de la traduction, datée 2009, sur la taille de l’industrie linguistique en Europe, qui évaluait le marché à 8,4 milliards d’€ en 2008, avec un taux de croissance annuel estimé supérieur à 10% et des prévisions de 16,5 milliards d’€ en 2015.

L’auteur précisant toutefois qu’il s’agit là d’une projection prudentielle, quand bien même « hautement spéculative » en raison des informations trop fragmentées sur l'industrie, dont la valeur réelle pourrait fort bien dépasser 20 milliards d’€ d'ici 2015. (Although this forecast is highly speculative due to fragmented information available on the industry, it should be considered conservative. Further research is required to confirm that the real value of the language industry can be expected to be well above 20 billion € by 2015.)

Des estimations tout à fait vraisemblables, surtout si l’on tient compte qu’un dixième de ce C.A., soit 2 milliards d’euros, était déjà réalisé en 2010 par l'EPO, avec un coût moyen de 75,15 € par page traduite…

Quant à la projection de CSA pour 2015 elle est de 23,4 milliards de $ en Europe, donc en tenant compte du change, nous y sommes plus ou moins.

Il y a toutefois un chiffre dans l’étude 2012 que je trouve étonnant. Il est cité à l’annexe B : Why there are about 333,000 professional translators and interpreters in the world.

Là encore, une interprétation prudentielle, largement plus basse que les 700 000 estimés par CSA (Beninatto et al.) en 2008.

Et pourtant, comment concilier cette fourchette de 333 000 / 700 000 traducteurs et interprètes professionnels dans le monde, avec les 640 mille traducteurs uniquement en Chine, calculés pour la seule année 2011 dans le "Report on 2012 China's Language Service Industry Development" publié par la TAC ?

Des données "exagérées" selon Renato Beninatto, mais si l’on accepte ce chiffre, cela voudrait dire que nous sommes plus près d’un million de traducteurs/interprètes professionnels au niveau global, dont les 2/3 en Chine et le dernier tiers dans le reste du monde !

Comme toujours, le marché chinois est le plus insaisissable, selon la meilleure tradition de l’Empire du Milieu, mais pour une population qui représente grosso modo 1/5e de l’humanité, et pour un pays désormais en passe de devenir la première puissance commerciale du monde, cette donnée est loin d’être invraisemblable !

Donc, en conclusion, si l’on prend un C.A. global de 43,4 milliards de $ pour le marché de la traduction en 2012 (en remplaçant le 1,1 Md $ du marché chinois selon CSA, par les 10 Mds $ extrapolés du rapport TAC), cela nous donne un C.A. annuel généré par traducteur/interprète de 43 400 $, plutôt dans la moyenne des tarifs que nous connaissons habituellement !

Je vous l'accorde, c'est une moyenne à la Trilussa (célèbre poète romain du XIXe dont l’idée de statistique dit à peu près ceci : prenons deux personnes, une des deux mange à elle seule deux poulets entiers, en moyenne ça fait un poulet chacun…), mais bon, que voulez-vous, statistiquement, ce n’est pas faux…

Reste à savoir jusqu'à quel point toutes ces études sont fiables ! Qu'en pensez-vous ?