lundi 7 juin 2021

La création de son propre emploi

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Cet article fait suite à deux billets postés il y a cinq ans déjà :

  1. Le « nouveau maintenant » de nos professions (22 mars 2016)
  2. Conseils aux jeunes qui réfléchissent à leur carrière future (14 août 2016)
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Créer son emploi, pourquoi ? comment ?

Dans l'univers en miettes d'un monde du travail invisible, de plus en plus de citoyen(ne)s n'ont pas d'emploi. Pour les raisons les plus diverses... Que faire lorsqu'on est dans une telle situation ?

Je parle d'expérience : c'était mon cas à la fin des années 70 / au début des années 80. Un problème que j'ai mis 10 ans à résoudre, puisque j'ai vraiment débuté ma carrière à la fin des années 80 / au début des années 90 !

En fait, bien que j'aie commencé à traduire en 1985, il m'a fallu 4 ou 5 ans pour "asseoir" mon métier, une période durant laquelle mon activité aurait pu partir dans tous les sens...

J'étais à l'époque ce qu'on appelle un pluriactif (bien obligé), ayant exercé jusqu'à 7 boulots en même temps, dont prof. pendant 4 ans dans une école d'état italienne (1987-1991).

J'aurais même pu devenir titulaire mais j'ai préféré opter pour la profession libérale. Je dois d'ailleurs être l'un des très rares cas à avoir refusé par deux fois le statut de fonctionnaire, dans des pays différents : une première fois en France (étant orphelin à 18 ans de deux parents fonctionnaires, j'avais toutes les portes ouvertes...), puis quelques années plus tard en Italie !

En mon âme et conscience, je n'ai jamais regretté ce choix, même si dans certains moments de grande difficulté je me suis sincèrement demandé si je n'avais pas fait une connerie... Et parfois je me le demande encore, tout en connaissant la réponse : non. Question de tempérament.

Et puis en 1989 le destin m'a un peu forcé la main : un ami m'a payé la création de mon agence de traduction ! Que j'ai fermée ... 25 ans plus tard, en 2014. Gros ennuis de santé...

Après quoi je me suis remis à mon compte en France, comme micro-entrepreneur, depuis le 1er janvier 2018, mais avec plus de 30 ans de métier derrière.

En conclusion, pourquoi est-ce que je vous raconte ça : parce qu'on ne crée pas son emploi en partant de zéro !

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Créer son emploi, pourquoi ?

La réponse individuelle à ce "pourquoi" est la clé de votre réussite future ... ou de votre échec. Indépendamment de sa nature, votre motivation est le fondement de votre avenir professionnel.

En réalité, la seule et unique raison de créer son propre emploi est que l'on a un projet à faire vivre.

Synthèse : je ne crée pas mon emploi en partant de zéro, j'ai un projet à faire vivre.

Avoir un projet à faire vivre signifie non seulement savoir pourquoi, mais aussi et surtout, savoir quoi !

Il est IMPOSSIBLE de créer son emploi si l'on ne sait rien faire, si l'on n'a rien à proposer au marché. Imaginons un(e) jeune sans aucune formation scolaire ni professionnelle : la seule sortie possible est un travail ubérisé, précaire, peu ou pas qualifié, sans aucun avenir viable sur le long terme.

Cela ne veut pas dire que certain(e)s ne s'en sortiront pas, à force de volonté et de constance acharnée dans le travail, mais dans ce cas il s'agira d'un tiers (une entreprise) qui vous mettra le pied à l'étrier et vous formera en interne.

En ce sens, l'école 42 est un exemple frappant :
... première formation en informatique entièrement gratuite, ouverte à toutes et à tous sans condition de diplôme et accessible dès 18 ans. Sa pédagogie est basée sur le peer-to-peer learning : un fonctionnement participatif, sans cours, sans professeur, qui permet aux étudiant(e)s de libérer toute leur créativité grâce à l’apprentissage par projets.
Toutefois, ce "sans condition de diplôme" ne signifie pas "sans compétences". Celles et ceux qui rentrent à l'école 42 ont toutes et tous de fortes compétences informatiques.

Cela dit, il faudrait des écoles 42 déclinées dans tous les domaines, pas seulement en informatique... 

Car le monde du travail a besoin de compétences : quelle est la vôtre ? quelles sont les vôtres, dans le meilleur des cas ? qu'avez-vous à vendre ? un produit, un service, votre savoir-faire ?

Aucune limite aux métiers, aux secteurs, aux passions, aux curiosités personnelles, pourvu que cela se transforme en opportunité professionnelle. Mais cela suppose que vous sachiez faire ou vendre quelque chose, un produit/service dont le marché a besoin, qui apporte une solution à un problème. Or vous seul avez la réponse à ce prérequis. Si vous ne l'avez pas, passez votre chemin ... pour l'instant, car il vous faudra d'abord la créer, cette réponse. 

Il y a beaucoup d'illusions et de fausses promesses autour de la création d'un emploi indépendant : soyez libre financièrement, entrepreneur de vous-même, devenez votre propre patron, etc. etc. Tout cela n'est que de la poudre aux yeux ! 

On vous fait miroiter du positif - en apparence -, pour mieux dissimuler les nombreuses contraintes d'un travail en indépendant, bien plus que les salariés n'en ont. C'est une course de fond qui ne se mesure pas en kilomètres mais en années, en décennies, pas d'enthousiasme facile qui se délite dès les premiers obstacles, beaucoup d'exigences, d'endurance, de constance, de ténacité, etc.

Donc vous comprendrez aisément que sans une motivation bien ancrée à la base, un savoir-faire personnel, un projet bien pensé, prétendre se mettre à son compte n'est qu'un leurre ! 

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Créer son emploi, comment ?

Dans cette incessante destruction créatrice du monde de l'emploi, qui voit se produire de façon simultanée la disparition (ou pour le moins la transformation poussée) de métiers traditionnels conjointement à la création de nouveaux profils, la question d'associer à votre profession une forme juridique se pose.

Pour ce qui concerne chaque individu, l'ensemble de la société est basé sur son statut professionnel : les impôts, les assurances, les retraites, la santé, la formation, l'accès à la propriété, au crédit et ainsi de suite. Tout est lié.

Donc tout choix initial ayant des conséquences durables, autant ne pas se tromper. Je vous propose ici trois options d'entrepreneuriat, extraites de cette présentation de Walid Nakara :
  1. Entrepreneuriat d'opportunité
  2. Entrepreneuriat de nécessité
  3. Entrepreneuriat social et solidaire
1. Entrepreneuriat d'opportunité

Relève de facteurs "pull", tels que l'autonomie, l'indépendance, la liberté, l'argent, le défi, le statut social ou encore la reconnaissance.

2. Entrepreneuriat de nécessité

Lié à des facteurs "push" comme le chômage, le licenciement ou la menace de perdre son emploi. 

3. Entrepreneuriat social et solidaire

Entreprise qui considère le profit non comme une fin mais comme un moyen pour atteindre des objectifs sociaux et/ou environnementaux.

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En fonction de votre motivation de base, vous pouvez donc vous positionner très facilement sur l'une de ces trois options. J'imagine que la troisième reste utopique pour la plupart, mais selon moi nous en entendrons parler toujours plus dans les mois et les années qui viennent.

Au niveau individuel, j'évoquerais davantage le micro-entrepreneuriat d'opportunité ou de nécessité, et qualifierais en outre l'option 1 de proactive, et l'option 2 de réactive. Être proactif : agir à l'avance, anticiper. Être réactif : agir en réaction, réagir. Là encore, question de tempérament.

Walid nous donne un autre chiffre, étonnant, sur l'entrepreneuriat considéré comme une menace (le revers de la médaille), avec seuls 10% des micro-entrepreneurs gagnant plus de 26000 € par an (ce qui correspond à peu près à un salaire annuel moyen en France !), d'où 90% qui sont précarisés (avec un curseur salarial pouvant se déplacer de -26000 à 0) :
  • Perte de confiance et d'estime de soi
  • Problèmes de santé
  • Situation personnelle difficile
  • Organisations créées : précaires et instables
  • Absence d'expérience
  • Manque d'un accompagnement post-création
En bref, la création de son propre emploi n'est pas la panacée, loin de là. Il faut y réfléchir à deux fois, trois, dix et plus, avant de se lancer, peser les pour et les contre, être capable de s'auto-évaluer au plan pro/perso, et ne pas se bercer d'illusions. Je vous suggère également la lecture de Conseils aux jeunes qui réfléchissent à leur carrière future, complémentaire à celle-ci.

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Pour conclure, une simple question : est-ce que créer votre propre emploi répond à votre interrogation de fond sur l'exigence de travailler pour subvenir à vos premières nécessités ou autre (genre pyramide de Maslow) ?  

À vous la réponse...



P.S. Je vous propose deux liens qui traitent aussi de créer son emploi, mais de façon totalement différente...
Et à propos de "solo", un autre de mes billets, toujours écrit en 2016 :

jeudi 15 avril 2021

Tradurre poesie significa ri-creare

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Post in francese

Durante il decennio degli anni 90 e fino all'inizio degli anni 2000, mi sono dedicato molto alla poesia, scrivendo più di 170 sonnetti ed oltre un centinaio di poemi in prosa, e traducendo anche poesie dall'italiano al francese: 44 poemi di gioventù di Karol Wojtyla, all'epoca Papa Giovanni Paolo II, 3 saggi di Francesca Maria Corrao sulla poesia araba (a proposito di Ibn Dåniyål, poeta di Mosul, di Mahmüd Darwish e del viaggio in Italia di Adonis) ed anche una filastrocca di Natale per bambini (pura poesia :-), oltre ad un libretto di poesia intitolato "Undici Poesie":

http://www.literary.it/dati/literary/B/bocchinfuso/undici_poesie.html

All'epoca mi era valso una pioggia di commenti positivi. Florilegio:

Ringraziamento dell’Autore :
"Ringrazio il poeta Jean-Marie Le Ray, che ha tradotto i miei versi nell’unico modo in cui è possibile tradurre la poesia : ricreandola secondo la propria sensibilità e secondo il genio della propria lingua."

Estratto dalla prefazione di Ferruccio Masci :
"Anche in questa breve silloge di undici componimenti, dotati di intensa liricità melica (e magistralmente tradotti dal poeta Jean-Marie Le Ray)..."

Da una recensione di Guido Carmelo Miano, Editore :
"Questa breve ma incisiva raccolta (testo a fronte, tradotta egregiamente in francese dal poeta Jean-Marie Le Ray)..."

Da una lettera ricevuta dal poeta Francesco De Napoli (Cassino) :
"Ho ricevuto dall’amico Prof. Ferdinando Banchini il volume "UNDICI POESIE", che ho letto avidamente ammirando, tra l’altro, la magnifica e, direi, perfetta traduzione da Lei realizzata con tanto amore e passione..."

Da una recensione di Francesco Mandrino :
(pubblicata su Punti di vista, Padova - Anno VI, n° 21, luglio-settembre 1999)
"Fronte al testo, la versione in francese di Jean-Marie Le Ray : un lavoro certamente non superficiale né agevole. Il pesante ed irrispettoso atto d’arbitrio in cui consiste ogni traduzione, in questo caso non pare teso a riproporre l’oggetto in altra lingua nella sua forma e sostanza, bensì a proporre qualcosa di diverso che dell’oggetto mantiene il senso."

Da una recensione di Maria Pina Natale :
(pubblicata nell’aprile 1999 sul "Nuovo Giornale dei Poeti")
"E’ importante notare che questo breve florilegio poetico è stato tradotto con notevole bravura in lingua francese dal poeta Jean-Marie Le Ray "nell’unico modo in cui è possibile tradurre la poesia : ricreandola secondo la propria sensibilità e secondo il genio della propria lingua".
Abbiamo voluto usare le parole medesime dell’Autore con le quali concordiamo perfettamente, permettendoci di aggiungere che, oltre ai due grandi pregi additati dal Banchini, ci sembra (pluralis modestiæ) di riscontrare anche una perfetta aderenza al testo italiano, aderenza che non significa versione letterale, bensì aderenza di concetto e di espressione; che non è piccolo merito (parola di una veterana traduttrice di testi greci e latini, nonché di spagnoli e francesi)."

Da una recensione di Walter Nesti
"Queste undici poesie che ora ci presenta sono affiancate da una traduzione francese di Jean-Marie Le Ray, che per la scrupolosità con cui è stata eseguita e nello stesso tempo con la libertà necessaria a non appiattirne la resa, come in genere succede con le traduzioni, ha il pregio di figurare come un'opera a sé stante ma a quella intimamente legata. Infatti, rispettando al massimo l'autore, il traduttore ha saputo infondere nella sua lingua quel soffio di poesia pura che una traduzione meccanica non avrebbe potuto raggiungere.
Un esempio : "Le nubi nere, inerti, gravano/ sui campi squallidi" viene reso con : "Les nuages noirs et lourds, inertes/ étouffent les terres désolées", riuscendo così a rendere in francese quella speciale atmosfera quasi rimbaldiana dei versi di Banchini.
Oppure ha "ricreato", è proprio il caso di dirlo, la poesia "Per caso" ("Hasard") : le due lasse di versi della poesia, in Banchini, compatte, comunicano il senso di smarrimento, ma anche di intima gioia, di chi sperso e straniero tra la gente, viene appena rischiarato da uno sguardo. Lo stesso effetto, con un senso più marcato di sollievo, viene raggiunto nella corrispettiva in francese, dove gli spazi aggiunti, le frantumazioni del verso, conferiscono al viandante una più intima certezza di gioia. Anche in questo caso una traduzione meccanica non avrebbe fatto altro che appiattire i bellissimi versi di Banchini.
Non so se la poesia di Banchini sia conosciuta e quanto oltralpe : ma sono certo che questo libretto ne è un utile portolano.
"

Ecco, è una cosa che ricordo con tanto piacere, probabilmente l'unico momento della mia vita in cui venivo riconosciuto da altri non come traduttore, ma come poeta!

Poi questa parentesi poetica si è chiusa per più di 20 anni...

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Qualche settimana fa, un insegnante collega di mia moglie (con le stesse materie: filosofia & storia) che si diletta a scrivere poesie, sotto la firma "Filuzzo", ha mandato su Whatsapp una poesia che mi è piaciuta molto, malgrado il suo titolo: "Quando sarò morto"..., al punto che ho sentito il desiderio irrefrenabile di tradurla.

Così sono andato a rivedermi questi retaggi della mia passata esperienza poetica, ed i commenti sul libro di Banchini mi hanno colpito molto, se non altro perché vi ho visto dentro l'abbozzare di una definizione di quello che dovrebbe essere "tradurre poesia":
Il pesante ed irrispettoso atto d’arbitrio in cui consiste ogni traduzione poetica non deve essere teso a riproporre l’oggetto « poesia » in altra lingua nella sua forma e sostanza, bensì a proporre qualcosa di diverso – a ri-creare un poema – che dell’oggetto mantiene il senso, con la libertà necessaria a non appiattirne la resa. La perfetta aderenza al testo originale non deve significare « versione letterale », bensì aderenza di concetto e di espressione, rispettando al massimo l'autore, per infondere nella lingua d’arrivo quel soffio di poesia pura che nessuna traduzione meccanica non potrà raggiungere mai, per ri-creare un'opera a sé stante ma a quella intimamente legata : l’unico modo in cui è possibile tradurre la poesia è ricreandola secondo la propria sensibilità e secondo il genio della propria lingua.
Ovviamente, questa definizione è un omaggio a Ferdinando Banchini ed ai suoi critici, ma anche un tentativo di mettere nero su bianco quello che rappresentava, e rappresenta, per me, il significato di tradurre poesie.

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Ho cominciato a scrivere i miei primi poemi all'adolescenza, e le mie ispirazioni andavano da Baudelaire a Jim Morrison, da Antonin Artaud a Armand Robin, da Frédéric Dard a Victor Hugo, prima di aggiungervi più tardi Alda Merini, dopo aver imparato l'italiano...

Già dalla mia prima raccolta, mai pubblicata, come tutto quello che ho scritto, del resto, che evocava alcune reminiscenze di una parte della mia vita molto avventurosa e vagabonda, cercai di ridare un significato - il loro o il mio - alle parole, a quelle che parliamo, che scriviamo, a quelle che riceviamo, alle parole, per riassumere, attraverso le quali ci sforziamo di comunicare, le famose "parole della tribù"
perseguendo deliberatamente il sogno della perfezione
l'utopia realizzata di un testo che non sarebbe più da ritoccare - mai!
Come il piccolo principe della sua rosa, ancora una volta mi sentivo responsabile di ogni parola, del corretto uso di ogni parola ..., responsabile di
incastonare ogni parola nel suo significato profondo - non si potrebbe cambiarne nemmeno una senza rompere il sottile equilibrio dell'insieme della raccolta -, a volte primario, a volte più attuale

(combattere l'inadeguatezza del parlare riscoprendo la linea di demarcazione tra le passate bellezze del "linguaggio antico" ed i nuovi tesori della lingua moderna, più aperta e "democratica")

inventare un significato più aderente attraverso alcuni neologismi, contestuali o meno, come plasmare (che non esiste in francese)

mascolinizzare sostantivi ingiustamente femminili per millenni (prostituto o gravido...)

usare le parole più umili restituendo loro il discernimento che hanno disappreso, il loro splendore nativo andato per essere stato pronunciate e abusate 
troppo a lungo
volgarizzare la poesia e, finalmente

fare della lingua poetica
una lingua carnale
una lingua umana !


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Ma la poesia è anche traduzione! Cosa fa se non tradurre parole indicibili in testo scritto? Se non tradurre immagini percepibili solo dal poeta in parole comprensibili per chi legge?

E' probabile che sia questa vicinanza tra poeta e traduttore ad avermi dettato un mio vecchio curriculum che diceva: Affidatemi le vostre idee, le tradurrò in parole! Affidatemi le vostre aspettative professionali, le tradurrò in risultati! Affidatemi le vostre problematiche "business", le tradurrò in soluzioni! Affidatemi i vostri progetti web, li tradurrò in successi!

Così scrissi una volta:

Nul mieux que le poète ne ressent les mots
Il les communique, les honore et les donne
De dix acceptions il décide la bonne
d'un trait ! le seul qui différencie les jumeaux

[Nessuno meglio del poeta sente le parole
Le comunica, le onora e le dona
Tra dieci accezioni decide quella giusta
di colpo! l'unico capace di distinguere gemelle]
(traduzione mia)

In fondo una semplice evidenza: ridare ad ogni parole il suo valore, il suo peso, il suo senso comune e condiviso, la sua verità, in un momento storico in cui le parole non hanno più senso, in gran parte per colpa della politica e dei media che parlano a vanvera, ripetendo 24 ore su 24 parole false, ingannatrici, manipolatrici, propagandistiche, in modo deliberato, affinché la gente non capisca più quello che succede, facile preda della disinformazione organizzata a livello planetario.

Sé una volta le parole di una lingua rappresentavano il terreno comune di un popolo, un suo cemento culturale, oggi non è più così e magari mai ritroveremo questa base condivisa senza la quale nessun dialogo sarà più possibile...

Ecco perché la poesia è un'ancora di salvezza in questo mondo di menzogne, ecco perché sentendo le parole semplici, vere e umili di un poeta, non ho potuto fare altro che tradurle in modo da condividerle con più persone possibili, al di là delle frontiere in cui sono nate.

Qui seguono le due poesie di Filuzzo, la loro traduzione sta sul post francese

*

Quando sarò morto

me ne andrò ballando
nel grembiule infarinato di mia nonna
avvolto
nel suo sudario contadino.
Sarò ancora bimbo
e feto ritornato
e poi nulla...
un soffio di parlato.
Sarò coperto
nel suo odore di formaggio
accompagnato
dall’armonica del nonno
suonata al focolare
nella calma
indolente domenica invernale
che passava eterna
all’ombra bruciata di una fiamma.
Ed io eterno muoio
nei loro passi lenti
nelle loro pelli impecorite.
Dai solchi terrigeni delle loro rughe
mi nascono
come figli abbandonati
i frutti saporiti e un po’ malati
della nostalgia.
Nelle movenze ferme
ruvide e cadute
delle loro mani morte
si rifugia sempre questa mente
come in un calore che non sente
come in un anfratto di mancanza.

*
Ora
che tutto si è svuotato
sali dalla terra
e vienimi a trovare.
Facciamoci una cena
nel magazzino vecchio.
Sul cassone nero
stendi i tuoi abbracci di pane.
Tra gli intrecci
mettici le uova
che ci nasceremo dentro.
Non ci mancherà nulla
in questo nido di molliche.
Incoronali di pace
i tuoi circoli di gloria.
Ci canteremo la vita
nonna
su tutte le morti
su quelle che non vogliamo
e su quelle che non ci diciamo
su quelle che ci nascondiamo
e che ci sepelliscono piano.
Ma tu torna
torna da tutte le morti
in un attraversamento di luce.
Vieni,
come una che dorme.
Ti ritroverò bella
e sarà subito Pasqua.