vendredi 11 avril 2014

Le marché de la traduction en France depuis 2010

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[MàJ - 7 octobre 2017] La carte de France 2017 des acteurs de la traduction

[MàJ - 27 avril 2014] Les acteurs du marché de la traduction en France (synthèse en un seul billet de celui-ci et du suivant)

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Après m'être essayé à évaluer, il y a un an déjà, combien pèse vraiment le marché de la traduction dans le monde, condition préalable pour identifier son propre marché de la traduction et se positionner par rapport à la concurrence, il est temps d'affiner un peu l'analyse en me concentrant sur le marché français de la traduction (où l'adjectif "français" doit être considéré dans son sens géographique, plutôt que linguistique).

Au niveau de son incidence en termes de volumes d'affaires, il est pratiquement impossible de parvenir à un chiffre précis, donc je procéderai par estimations sur le nombre d'acteurs - sociétés et professionnels exerçant en libéral -, en partant d'un vieux fil de discussion sur Proz, qui rapportait le nombre d’entreprises du secteur "traduction et interprétation" (code activité 7430Z) en France pour les années 2008 (11 069 entreprises) et 2009 (13 828 entreprises).

En continuant sur le site de l'INSEE, j'ai vérifié les valeurs correspondantes pour les dernières années disponibles, qui sont 2010 (11 172 entreprises) et 2011 (10 482 entreprises).

Par conséquent, sur 4 ans, de 2008 à 2011, nous obtenons une moyenne annuelle de 11 638 entreprises pour la France (que j'arrondirai à 12 000 le cas échéant).

J'ai vérifié ensuite sur Infogreffe les entreprises du secteur par département (données recensées le 8 avril 2014), où pour chaque département le chemin à suivre est : 74 AUTRES ACTIVITÉS SPÉCIALISÉES, SCIENTIFIQUES ET TECHNIQUES --> 7430Z TRADUCTION ET INTERPRÉTATION.

Total des acteurs impliqués (sociétés + traducteurs-interprètes en profession libérale) pour les 22 Régions en Métropole plus les DOM-TOM : 19 813 (que j'arrondirai à 20 000 le cas échéant).

En effet, si nous n'avons qu'environ 12 000 sociétés sur ce total de 20 000, cela signifie que les traducteurs-interprètes exerçant en entreprise individuelle représentent grosso modo 40% des acteurs (env. 8 000) du marché de la traduction en France.

Quant à leur répartition géographique, elle se divise en trois blocs :
  1. La Région Île de France l'emporte haut la main avec 38,28% des entreprises : 7 584 ;
  2. Le deuxième bloc comprend huit Régions qui dépassent respectivement 3% : Rhône-Alpes, PACA, Aquitaine, Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées, Bretagne, Alsace, Pays de la Loire, soit 42,37% avec 8 396 entreprises ;
  3. Le troisième bloc comprend les DOM-TOM et les 13 Régions restantes qui sont en-deçà de 3% : Nord-Pas-de-Calais, Centre, Poitou-Charentes, Lorraine, Haute-Normandie, Basse-Normandie, Bourgogne, DOM-TOM, Auvergne, Picardie, Limousin, Franche-Comté, Champagne-Ardenne, Corse, soit 19,35% avec 3 833 entreprises.
Voici le tableau correspondant :


En clair, les neuf premières Régions totalisent 15 980 entreprises et s'accaparent 80,65% du marché !

Voici une représentation visuelle "pondérée" plus parlante :


D'un certain point de vue, c'est peut-être aussi grâce à cette présence polyglotte massive que Paris fait partie des 3 capitales mondiales jugées les plus attractives par les investisseurs :



Ceci étant, vu qu'il m'est impossible d'analyser le C.A. de toutes les entreprises qui le communiquent, l'idée c'est de se concentrer sur les principaux acteurs du marché, généralement connus et reconnus.

Guillaume, d'Anyword, qui avait publié en 2009 un billet fort intéressant : "Les principales agences de traduction en France", proposait en octobre 2012 l'ordre de grandeur suivant :
En estimant à 20 millions d’euros le CA du premier français, qu’il s’agisse d’A.D.T, de Tradutec ou de Telelingua, et à 800 millions € le CA global de la traduction en France.
L'une des personnes interviewées dans son billet, Maciek, fondateur de Sopoltrad (1995) (agence basée en Pologne et spécialisée depuis de nombreuses années dans les langues d’Europe centrale et d’Europe de l’Est), précisait par ailleurs :
le marché est assez grand pour tous : à partir du moment où le leader français pèse moins de 3% du marché national...
Ce qui nous donnerait un C.A. compris entre 20 et 24 millions € pour la première société française. Nous allons donc tenter de vérifier si cette affirmation est toujours vraie en 2014, pour un marché mondial de la traduction qui devrait atteindre 15 milliards € en 2015 (et le double pour les technologies de la langue dans leur ensemble).
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Ma première constatation, c'est qu'aucun des acteurs sur lesquels j'ai pu recueillir des informations n'atteint aujourd'hui 20 millions ! (un cap rapidement franchi, toutefois, dès que l'on passe à certains groupes pour lesquels la traduction n'est plus qu'une des activités parmi d'autres, chose qui fera l'objet d'un prochain billet...)

- Le premier acteur qui s'en rapprocherait le plus, selon ses propres informations, serait TELELINGUA avec env. 17 millions € :
  1. En 2010, Telelingua a réalisé un chiffre d’affaires global de près de 17 millions d’€.
  2. Chiffre d’affaires du groupe (2013) : 17,2 millions d’euros.
Ceci dit, la moyenne du C.A. de Telelingua France de 2009 à 2012 n'est que de 3 672 105 €, et même en y ajoutant celle de 4T (filiale à 100 % du groupe depuis 2007), qui est de 2 701 555 €, on ne parvient jamais qu'à 6 373 660 € en C.A. cumulé ! Il faut donc en déduire que Telelingua réalise plus de 10 millions € par an hors de France (notamment Belgique, avec 7,2 millions € en 2013, et Chine), ce qui placerait le groupe parmi le Top 25 mondial (je penche plutôt pour le Top 50, à vérifier...).

[MàJ - 12 avril 2014] En fait, dans l'édition 2013 de son classement des 100 premières sociétés de services linguistiques, CSA place Telelingua en 39e position, mais comme groupe belge, tandis que les français sont les suivants :

2 HP ACG (FR) (impossible de trouver de comptes nulle part)
36 Ubiqus (FR) (60 millions € de C.A. !!! voir plus loin...)
43 Linguistique Communication Informatique (FR) (pas de comptes déposés, mais selon le groupe, 15 M€ en 2013)
51 SYSTRAN (FR) (société coréenne à présent, voir plus loin...)
90 HL TRAD (FR) (« HL TRAD, c’est aujourd’hui un CA de près de 6 millions d’Euros en constante croissance...  ») (soit plus du double par rapport aux infos que j'ai pu glaner sur Infogreffe, voir plus loin !)

[MàJ - 22 avril 2014] L'annonce vers laquelle renvoyait le lien étant périmée, HL TRAD m'a demandé de le supprimer, dont acte ! (même si l'annonce, bien que périmée, témoigne encore de ce qu'à l'époque, HL TRAD communiquait sur 6 M€ de CA).

- Le deuxième serait Technicis :
Premier acteur sur le marché français des services de traduction, localisation et interprétation, avec un chiffre d'affaires 2011 de 11 millions d'euros.
Pour autant, la moyenne déclarée de ses comptes annuels sur les quatre dernières années disponibles (de 2009 à 2012) est de 7 693 800 €, ce qui représente quand même un écart négatif de plus de 3 millions € (C.A. de 8 055 826 € au 31/12/2011) ! Si quelqu'un de chez Technicis me lit, les commentaires sont ouverts :-).

- Le troisième serait Tradutec :
Fondé en 1962, le groupe est le leader de la traduction en France, avec un chiffre d’affaire de plus de 10 millions d’Euros, 48 salariés à temps plein et un réseau de plus de 700 traducteurs à travers le monde.
Or là encore, la moyenne de la société mère sur les trois dernières années disponibles (de 2009 à 2011, les comptes ne sont plus déposés depuis) n'est que de 1 771 776 €, ce qui signifie que le groupe réalise plus de 80% de son C.A. via une dizaine de ses autres sociétés, telles que le cabinet Bonnefous (C.A. moyen de 1 407 305 € sur 2009-2011), Beauty Words (C.A. moyen de 853 577 € sur 2009-2011), Traductor (C.A. moyen de 964 780 € sur 2009-2011), Sotratech, ABTI (C.A. moyen de 1 642 667 € sur 2009-2011), ou encore dans la traduction médicale avec IPAC Traductions (C.A. moyen de 780 043 € sur 2009-2011), Kraus-Biomédical (C.A. moyen de 932 812 € sur 2009-2011), DV-Translation (Belgique), Tradulux (Luxembourg), etc.

- Un quatrième groupe dépassant 10 millions € serait DATAWORDS DATASIA (DATASIA signifiait tout d'abord Direct Access To Asia), avec une moyenne sur les trois dernières années disponibles (de 2008 à 2010, les comptes ne sont plus déposés depuis) de 10 200 661 €. Cela étant, Datawords est particulièrement chiche en informations, et mes recherches pour en savoir davantage n'ont rien donné. Dommage !

[MàJ - 12 avril 2014] Une note financière d'investisseurs ayant participé au tour de table de Datawords m'apprend que le C.A. prévu pour 2011 était de 16 millions d'euros (cf. communiqué de Capzanine), ce qui placerait le groupe juste derrière Telelingua et devant Technicis et Tradutec.

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Je dois signaler cependant que, dans ses fiches sectorielles, l'INSEE signale comme l'un des principaux acteurs de ce secteur MAPI Institute, dont le C.A. serait supérieur à 10 millions € (voir également ici), mais Infogreffe nous informe que cette société fait partie d'une autre catégorie (7320Z : études de marché et sondages) et qu'elle est radiée depuis le 20 janvier 2014. À vérifier donc. Si quelqu'un en sait davantage...

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Ainsi, n'ayant pas trouvé d'autres prétendants ayant un C.A. annuel dépassant 10 millions €, passons à la fourchette allant de 9 jusqu'à 1, en commençant par le groupe ADT International, créé en 2010, qui déclare entre 2010 à 2012 un C.A. moyen annuel de 6 420 061 €, pour un total dépassant 1,5 milliard de mots traduits en 20 ans, plus de 30 000 projets traités à l'année et un marché record de 6 millions de mots à traduire en 5 mois décroché en 2013 !

À noter que sur les années 2011-2012, A.D.T. TRAD, basée près de Marseille, qui fait partie du même groupe avec ADT Belgique, déclarait en moyenne un C.A. annuel de 1 949 773 €, ce qui porte l'entité ADT à plus de 8 millions € par an (exactement 8 369 834 € en se basant sur les données Infogreffe et sans compter la société belge).

[MàJ - 12 avril 2014] Là encore, une info financière de la société Linkers nous informe qu'elle a conseillé Creadev, pépinière de la famille Mulliez (Auchan, Leroy-Merlin, Décathlon, Boulanger, Kiabi, Pimkie, Flunch, Atac, Norauto, Kiloutou, etc.) qui avait le contrôle d'ADT, pour la cession de sa participation dans l'agence de services de traduction. Cédric Loison, manager d'ADT, a ainsi pu reprendre les rênes de son entreprise, dont le C.A. était bien évalué à 8 millions d'euros :



Suit WHP INTERNATIONAL, dont le dernier bilan disponible (arrêté au 31/12/2009) signale un C.A. de 7 273 668 €, impossible de trouver d'autres chiffres pour les années suivantes (durant lesquelles il est à supposer que la société a progressé...), et la brochure institutionnelle n'en dit guère plus. La société aussi se déclare leader sur le marché français de la trad depuis le début des années 2000 :


Avec un C.A. moyen de 5 268 323 € sur la période 2009-2012, Alphatrad France est la filiale française du groupe franco-suisse Optilingua International, dont la brochure institutionnelle ne fournit malheureusement aucun chiffre intéressant sur les volumes d'affaires du groupe (ce qui semble devenir la règle...).

La société suivante est GEDEV, qui déclare aussi plus de 5 millions d'€ de C.A., mais dont la moyenne pour la période 2009-2012 n'est que de 4 465 399 € sur Infogreffe. Elle fait désormais partie du Groupe ORTEC, qui a racheté Sonovision en février 2014, « leader en Europe dans les services d’ingénierie logistique et documentaire pour l’industrie aéronautique et spatiale », une acquisition qui permet au Groupe Ortec de franchir « en 2014 le cap du milliard d’euros de chiffre d’affaires, employant plus de 8 600 collaborateurs répartis sur 160 implantations en France et à l’International ».

On comprend donc bien que l'aspect "traductions" tient un rôle plutôt marginal par rapport à l'ensemble des activités du groupe, j'aurai d'ailleurs l'occasion de revenir sur ce point.

Transperfect suit le mouvement avec un C.A. moyen de 3 382 655 € sur la période 2009-2012 (juste devant ALTO INTERNATIONAL, 3 381 309 € de C.A. calculé sur la seule année 2009), mais il s'agit avant tout d'un groupe mondial dont la France ne représente qu'un "petit" marché. Autour des 3 millions €, nous trouvons Agency Walker Services (C.A. moyen de 2 933 267 € sur la période 2010-2012), parfaitement constante dans le temps...

Dans la tranche dépassant ou avoisinant les 2 millions €, citons HL Trad, spécialisée en droit, finance & conseil, avec un C.A. moyen de 2 873 014 € sur la période 2009-2011, les comptes annuels n'ayant pas été déposés en 2012 [MàJ 12/04/14 : année où l'entreprise aurait fait un bond en avant à 5,26 millions €...], puis INTERNATIONAL CORPORATE COMMUNICATION (2 021 331 € de C.A. moyen sur la période 2009-2012) qui totalise 2 687 125 € en y ajoutant les résultats de sa filiale d'interprétation, ALMA CORPORATE COMMUNICATION (665 794 € de C.A. moyen sur la période 2009-2012).

Mentionnons ensuite C.P.W. CONSULTANTS PHILIPPE WILLEMETZ, qui se déploie constamment à l'international dans le secteur de la traduction juridique, financière et institutionnelle, avec un C.A. moyen de 2 297 325 € sur la période 2009-2012, ou In Puzzle (ex Caractères et Caetera, traducteurs.com) avec un C.A. moyen de 2 247 287 € sur la période 2010-2013 :


et encore SÉMANTIS (2 100 130 € de C.A. moyen sur la période 2009-2012), EUROTEXTE (1 952 005 € de C.A. moyen sur la même période), RAPTRAD IMAGINE (1 870 060 € de C.A. moyen sur la même période), AB REPORT (1 869 824 € de C.A. moyen sur la même période), Parlé Clair (1 802 755 € de C.A. moyen sur la même période), etc.

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Nous voici donc arrivés aux nombreuses sociétés dont le C.A. est proche du million ou s'exprime en centaines de milliers d'euros, mais il est inutile d'en dresser une liste qui n'apporterait rien de plus à cette analyse (surtout rapportée aux quelque vingt mille sociétés/entreprises qui peuplent notre secteur...), qui restera forcément lacunaire mais dont l'aspect le plus marquant, en ce qui me concerne, réside en la concentration des acteurs en groupes pour la plupart transnationaux.

Cela vaut également pour une société de premier plan comme Tectrad (dont les comptes ne sont pas publiés, ce qui explique son absence ci-dessus), qui fait partie aujourd'hui du groupe Ubiqus, avec un chiffre d'affaires mondial supérieur à 60 millions d'euros !!!

Par conséquent le marché de la traduction en France ne représente plus en 2014 qu'une "petite" portion d'un marché mondialisé, où la traduction n'est plus qu'un service linguistique parmi d'autres, et pas toujours le plus important même s'il reste central : la société Lionbridge facture à présent moins d'1 million € en France, contre près de 500 millions de dollars au niveau mondial en 2013...

Or une société pionnière telle que OPERA TRADUCTIONS, après être passée dans le giron de LINGUATECH et de BOWNE GLOBAL SOLUTIONS FRANCE, a finalement été acquise par LIONBRIDGE. Impossible par conséquent de délimiter en termes économiques le périmètre précis de l'activité "France", ou "français" de tels groupes.

Sans compter les domaines proches, comme l'exemple du français Systran (qui a réalisé un C.A. de 5 à 7 millions € au fil des ans, avant de devenir ... coréen depuis ... quelques jours), ou de Woods Media, mentionné en 2012 par Common Sense Advisory, Inc. dans le top 25 des fournisseurs français de services linguistiques en Europe, qui déclare 8 176 624 € en 2012, mais dont l'activité principale est plutôt la post-production de films cinématographiques, de vidéo et de programmes de télévision...

Je m'excuse enfin auprès de toutes les sociétés qui auraient leur place dans ce tableau et que j'ai oubliées, mais si leurs responsables me contactent en justifiant de leur C.A. je les insérerai bien volontiers.

Notre secteur manque cruellement d'analyses fiables et à jour, cela est sûrement dû à son atomisation et à l'évolution permanente de la situation (en regardant les noms de la liste d'Anyword, beaucoup ont déjà disparu ou changé de casaque), donc si cette modeste tentative de tirer un peu les choses au clair sert à quelqu'un ou à quelque chose, j'en serai déjà fort heureux !

Car même si les fiches descriptives de l'INSEE me semblent largement déficitaires, l'une d'entre elles m'a particulièrement interpellé :


Est-il possible qu'en France tout le secteur "traduction & interprétation" ne pèse qu'à peine plus d'1% de l'ensemble du secteur libéral en nombre d'entreprises, et d'un quart de point de son chiffre d'affaires ?

Tout cela me paraît largement et coupablement sous-estimé, et ne rend guère justice à une activité aussi fondamentale que l'est la traduction pour les échanges économiques, commerciaux et culturels entre les peuples !



P.S. Voici pour terminer, à toutes fins utiles, le récapitulatif des 14 Groupes mentionnés plus haut, probablement destinés à jouer un rôle de premier plan sur le marché de la traduction en France dans les années à venir :
  • Telelingua (Bruxelles, Paris, Munich, New York, Shenzhen, Beijing, Tokyo)
  • Datawords Datasia (Hong-Kong, Tokyo, Seoul, Paris, Milan, Düsseldorf, Londres)
  • Technicis (Paris, Londres)
  • Tradutec (France, Belgique, Luxembourg)
  • ADT International (France, Belgique)
  • WHP International (Sophia-Antipolis, Paris, Bratislava, Shanghai)
  • Optilingua International (Autriche, France, Allemagne, Luxembourg, Portugal, Espagne, Royaume-Uni, Danemark, Suisse, Belgique, Italie)
  • Ortec (22 pays, dont France, Italie et Afrique)
  • Transperfect (80 villes dans le monde)
  • CPW Group (Paris, Londres, New York, Toronto, Montréal, Rio de Janeiro)
  • Ubiqus (Paris, Londres, Madrid, Waterford [Irlande], Zaventem [Bruxelles], New York, Los Angeles, Ottawa, Montréal)
  • Lionbridge (26 pays)
  • HL Trad (Paris, Bruxelles, Londres, Genève)
  • LCI International (13 implantations en Europe, Afrique, Chine)

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dimanche 15 décembre 2013

Le grand saut - Formations en marketing & branding pour traducteurs & interprètes

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Lorsqu'on me demande en quoi consistent mes formations en marketing & branding pour traducteurs & interprètes, c'est toujours un peu délicat de l'expliquer en quelques mots.

C'est pourquoi j'ai décidé de rédiger un livre blanc dédié à l’intention des traducteurs & interprètes - étudiants pré- ou post-diplôme (ainsi que des écoles ou universités qui les forment) et professionnels débutants ou confirmés (la moyenne d'âge des participants à la dernière formation devait être autour de 40 ans), ainsi qu'à leurs associations, en essayant de proposer un message clair et aussi exhaustif que possible sur la nature de ma démarche et de mon approche.


Après tout, les retours que j'ai eus sur les formations dispensées depuis 2011 vont du positif au très positif, et chaque nouvelle session donne l'occasion d'en améliorer le contenu en tenant compte des critiques et suggestions précédentes.

Quant au titre, Le grand saut, je le dois à un professeur de Master en traduction professionnelle dispensé en convention avec une Université d'état, qui me disait dans un échange :
Votre proposition (marketing / transition université marché du travail) nous intéresse.
C'est de fait un point toujours un peu délicat à aborder avec les étudiants et nous sentons qu'une formalisation des informations sur ces réalités serait pertinente afin qu'ils se sentent moins démunis face au "grand saut".
Je lui sais gré de m'avoir inspiré ce titre, que j'associe naturellement au monologue qui ouvre un film français célèbre :
Jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien. 
L'important ce n’est pas la chute, c’est l’atterrissage
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Un propos plein de bon sens :-)



vendredi 20 septembre 2013

Marketing pour traducteurs/interprètes

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Dans le cadre de formations au marketing pour traducteurs et interprètes (la prochaine est prévue dans un mois), j'ai été amené à élaborer une définition de ce qu'est, selon moi, le marketing pour traducteurs et interprètes :
Transformation organisationnelle et sociale, en ligne et hors ligne, pour répondre aux besoins / désirs / demandes et créer de la valeur dans un marché concurrentiel, autant dans l'intérêt du traducteur / interprète que du client.
Ayant voulu en parler avec des gens du métier, j'ai été très surpris, d'abord par leur peu de réactivité, et ensuite de voir que la notion de transformation, selon eux, n'avait pas grand chose à voir avec le marketing, alors que, dans mon idée, elle est tout à fait centrale et inéluctable !

Dans une ancienne édition du Mercator que je possède (Dalloz, 1990), dès le début de l'ouvrage MM. Denis Lindon et Jacques Lendrevie définissent ainsi l'attitude marketing : « connaître le public pour mieux s'y adapter et pour l'influencer (ou agir sur lui plus efficacement). »

En nous proposant la définition généralisée suivante (p. 9) :
Le marketing est l’ensemble des méthodes et des moyens dont dispose une organisation pour promouvoir, dans les publics auxquels elle s’intéresse, des comportements favorables à la réalisation de ses propres objectifs.
En 2013, la définition a évolué de la façon suivante :
Le marketing est l’effort d’adaptation des organisations à des marchés concurrentiels, pour influencer en leur faveur le comportement des publics dont elles dépendent, par une offre dont la valeur perçue est durablement supérieure à celle des concurrents. Dans le secteur marchand, le rôle du marketing est de créer de la valeur économique pour l’entreprise en créant de la valeur perçue par les clients.
Or une simple recherche sur le Web nous permettrait de trouver des centaines de définitions du marketing, toutes valables mais toutes différentes, en voir un exemple ici, dont l'auteur nous rappelle les 8 invariants susceptibles de « former le socle permanent de toute réflexion sur le marketing » :
  1. Le marketing suppose une réflexion et des études avant l’action
  2. Le marketing a un objectif clair : l’influence.
  3. L’adaptation en continu est indispensable à la validation du projet de marketing, voire à son évolution.
  4. Le marketing se déroule dans un contexte de marché, donc de concurrence. 
  5. Le marketing est fondé sur la notion de “perception de la valeur de l’offre”. 
  6. Le marketing redonne une place prépondérante à la cible. 
  7. Le marketing contient une notion de pérennité. 
  8. Le marketing demande une mobilisation collective. 
Hormis le dernier (et encore...), tous ces points sont parfaitement adaptables aux traducteurs/interprètes qui souhaitent se faire connaître, tel que j'ai essayé de le schématiser dans ce travail de synthèse :


En clair, les 2 pôles de connaissance sont : moi, et les autres (puisque le marché au sens large comprend également tous les acteurs impliqués, dont les collègues).
  • Moi : me connaître moi-même, analyse SWOT, bilan de compétences
  • Autres : connaître le marché, analyse SWOT du marché en général, et de MON MARCHÉ en particulier (ce qui suppose de l'avoir identifié...)
À ces deux pôles correspondent 2 niveaux d'action : sur moi, et sur les autres.
  • À mon niveau : personal / professional branding
  • Au niveau du marché : marketing
En clair encore, la connaissance supporte l'action, ce qui implique une sérieuse réflexion de base, de la cohérence (entre capacités et ambitions personnelles et professionnelles, par exemple), et de la méthode (plan de travail, définition des tâches, des objectifs, des ressources, etc. etc.).
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Donc vous voyez, on s'y retrouve, et c'est par ce cheminement que j'en suis arrivé à la définition suivante :
Transformation organisationnelle et sociale, en ligne et hors ligne, pour répondre aux besoins / désirs / demandes et créer de la valeur dans un marché concurrentiel, autant dans l'intérêt du traducteur / interprète que du client.
Que je décomposerais brièvement de la façon suivante :
  • Transformation
  • Transformation organisationnelle
  • Transformation sociale
  • En ligne + hors ligne
  • Répondre aux besoins / désirs / demandes
  • Créer de la valeur
  • Un marché concurrentiel
  • Dans l'intérêt du traducteur / interprète
  • Dans l'intérêt du client
- Transformation du mode de pensée : pour s'adapter en permanence aux évolutions/régressions de notre métier, le marketing peut être utile si d'emblée on l'intègre à 360° dans le rapport que nous avons au marché. Dans un fil de discussion sur Proz il était question de "pouvoir contractuel", de "positionnement", de "stratégie commerciale" : autant de sujets sur lesquels le marketing peut apporter beaucoup de réponses intéressantes pour peu qu'un traducteur ait la volonté de s'y intéresser en amont, ou mieux encore dès le début de sa carrière.

- Transformation du mode de travail : intégrer le marketing dans notre façon de travailler a de fortes implications en termes d'organisation.

- Transformation du mode de réseauter (en ligne et hors ligne) : je suis convaincu que le traducteur est un animal social, et apprendre à apprivoiser les réseaux sociaux sur Internet (mais pas seulement) peut s'avérer extrêmement bénéfique à tous points de vue.

- En ligne et hors ligne : seule une intégration de ces deux aspects peut consentir 100% de réussite à votre approche marketing. Il manquera toujours des éléments fondamentaux aux partisans du tout l'un ou tout l'autre, la réponse est dans la complémentarité, indépendamment du dosage des différents ingrédients propres à chacun/e.

- Répondre aux besoins / désirs / demandes : bien que ces termes puissent paraître synonymes d'emblée, il y a des nuances fondamentales : si mon Besoin est d'aller de A à B, mon Désir peut être de m'y rendre en métro ou en Ferrari, la Demande correspondant à ce que je peux m'offrir... Or vu qu'il est extrêmement rare que toutes les conditions idéales soient réunies dans le cadre d'un même projet, le plus souvent tout cela se traduit (c'est le cas de dire...) par un compromis, l'important étant que les parties en présence ne prétendent pas du prestataire qu'il réalise la quadrature du triangle, sinon c'est mission impossible...

- Créer de la valeur : selon la façon dont est négocié le point précédent, si le rapport de forces est déséquilibré cela peut déboucher sur un contrat de prestation de type gagnant-perdant, mais plus volontiers perdant-perdant ; ou gagnant-gagnant s'il est équilibré, et chacun/e y trouvera son compte ! En outre gagner ne fait pas UNIQUEMENT référence à l'argent, loin s'en faut, de nombreux autres critères rentrent en jeu. Selon Denise Russell, créatrice d'une agence de traduction :
En tant que chef d'entreprise, je suis satisfaite lorsque je crée de la valeur pour mes clients et que, ce faisant, j’en retire un profit. C'est un cas de figure où tout le monde sort gagnant. Telle est, me semble-t-il, la bonne attitude à tenir envers ses clients et soi-même dans ses activités : le profit généré par l’entreprise n’est que le miroir des bénéfices obtenus par le donneur d’ordre. Un cercle vertueux de la valeur, en quelque sorte.
- Un marché concurrentiel : si grâce à Internet le travail des traducteurs est grandement simplifié d'un côté, il est énormément complexifié de l'autre, et l'ouverture d'une concurrence à l'échelle planétaire ne facilite pas les choses, au contraire ! Voir mon adaptation du modèle des 5 forces de Porter et mon analyse dans le billet intitulé : « Identifier MON propre marché de la traduction pour me positionner par rapport à la concurrence ».


- Dans l'intérêt du traducteur / interprète : « Charité bien ordonnée commence par soi-même », et satisfaire le client ne doit jamais se faire aux dépens de mes propres exigences...

- Dans l'intérêt du client : le point précédent étant acquis, nous retombons sur l'un des invariants vus plus haut : le marketing redonne une place prépondérante à la cible, en cohérence avec le modèle bipolaire illustré dans la première diapositive : moi d'un côté, le marché de l'autre, avec au milieu une promesse de création de valeur ... tenue !

Sans jamais oublier que :

1 traducteur / interprète = 1 marché = 1 recherche (1 marketing)